|
|
|
| |
Bourgogne (région
historique), région du centre
de la France, qui a donné son
nom à une région administrative.
Au sens strict, la Bourgogne est limitée
au nord par la Champagne, à
l’est par la Franche-Comté,
au sud par l’Auvergne et à
l’ouest par la vallée
de la Loire.
LA BOURGOGNE DANS L’ANTIQUITÉ
ET AU HAUT MOYEN ÂGE
À l’époque gauloise,
la région est principalement
occupée par les Éduens,
avec, pour capitale, Bibracte sur
le mont Beuvray. Après la conquête
romaine, elle est intégrée
à la province de Lyonnaise
Première, puis est évangélisée
par saint Bénigne au IIème
siècle. Autun,
la «ville d’Auguste»,
supplante peu à peu Bibracte
et devient la capitale de tout le
nord-est de la Gaule romaine.
Au Vème siècle, lors
des Grandes Invasions, les Burgondes,
originaires de la Baltique, s’implantent
dans la région et lui donnent
leur nom. En 534, les Francs s’emparent
de la Burgondie : Mérovingiens
et Carolingiens laissent à
la Burgondie une certaine autonomie,
mais elle subit différents
partages.
NAISSANCE DE LA BOURGOGNE
DUCALE
En 843, le traité de Verdun
donne la Bourgogne à Charles
le Chauve, tandis que son frère
Lothaire se voit attribuer la Bourgogne
impériale, dont le nord devient
ensuite le comté de Bourgogne,
ou Franche-Comté.
|
En 877, Charles
le Chauve l’érige
en duché au profit de son
beau-frère Boson, y englobant
Langres, Troyes, Sens,
Nevers
et Mâcon.
Au Xème siècle,
durant le règne du roi
Raoul de Bourgogne, le duché
est rattaché au domaine
royal ; mais dès sa mort,
son frère, Hugues le Noir,
reprend à son profit le
territoire bourguignon.
La Bourgogne passe aux Capétiens
en 956, par le biais des frères
de Hugues Capet. En 1032, Henri Ier,
fils de Robert II le Pieux et
petit-neveu des deux frères,
qui a annexé pour un temps
au royaume de France la Bourgogne,
l’inféode à
son frère Robert Ier le
Vieux. |
|
|
Cette branche bourguignonne
de la maison capétienne s’éteint
en 1361 avec la mort de Philippe de
Rouvres. Jean le Bon, tuteur du jeune
Philippe, récupère alors
le duché.
LE DUCHÉ DE BOURGOGNE
À SON APOGÉE
Le fils de Jean
II, dit "le Bon", Charles
V, le donne en apanage à
son frère Philippe II le Hardi,
premier des Valois de Bourgogne. C’est
sous cette dynastie (1364-1477) que
la Bourgogne connaît son apogée
et devient un bastion du christianisme,
avec notamment le développement
d’importantes abbayes au rayonnement
intense.
C’est l’époque
de la domination de Cluny (secondée
par Vézelay), puis de Cîteaux
et de Clairvaux (secondée par
Fontenay), marquées par la
personnalité de saint Bernard
: en 1146, c’est à Vézelay
que saint Bernard lance un appel à
la croisade, en présence du
roi de France Louis VII, et que Philippe-Auguste
et Richard Cœur de Lion se donnent
rendez-vous pour la troisième
croisade.
Par son mariage avec la veuve de Philippe
de Rouvres, Marguerite de Male, fille
du comte de Flandre, en 1369, Philippe
le Hardi récupère la
Franche-Comté, ainsi que les
comtés de Flandre, d’Artois,
de Nevers et tout le reste de l’héritage
flamand, devenant ainsi l’un
des plus puissants princes de la chrétienté.
Il attire en Bourgogne des artistes
flamands et commence l’édification
de somptueux monuments, œuvre
poursuivie par ses successeurs. Soucieux
de fonder pour sa dynastie une nécropole
digne d’elle, il fonde à
Dijon
la chartreuse de Champmol où
il fait édifier son tombeau
(conservé, ainsi que ceux de
Jean sans Peur et Marguerite de Bavière,
au musée des Beaux-Arts de
Dijon dans le Palais des ducs de Bourgogne).
En 1404, son fils Jean sans Peur lui
succède et entame la lutte
contre Louis d’Orléans,
frère du roi dément
Charles
VI. Il fait assassiner son rival
en 1407, se rend maître de Paris,
mais déclenche ainsi la lutte
contre le beau-père de Louis
d’Orléans, Bernard d’Armagnac.
Le conflit entre Armagnacs et Bourguignons
constitue une véritable guerre
civile au cœur même de
la guerre de Cent Ans. En 1419, Jean
sans Peur accepte une rencontre au
pont de Montereau avec le dauphin
Charles, mais il y est assassiné.
Par vengeance, son fils et successeur
Philippe le Bon s’allie alors
aux Anglais. En 1430, il leur livre
Jeanne
d’Arc en échange
de 10 000 écus d’or.
Il signe cependant le traité
d’Arras (1435) avec Charles
VII pour mettre fin au conflit,
et accroît encore son domaine.
À sa mort en 1467, son fils
Charles le Téméraire
lui succède. Il mène
des guerres continuelles afin de rattacher
les parties nord et sud de ses possessions.
En 1475, il réussit ainsi à
annexer le duché de Lorraine,
mais il meurt deux ans plus tard lors
du siège de Nancy ; son corps
est retrouvé dans un étang
glacé, à moitié
dévoré par les loups.
MORCELLEMENT DU TERRITOIRE
Louis
XI annexe alors la Bourgogne et
les villes bourguignonnes de Picardie
au domaine royal et installe un Parlement
à Dijon
en 1480. |
 |
La fille de Charles
le Téméraire, Marie
de Bourgogne, épouse Maximilien
de Habsbourg, qui conserve le
reste des possessions bourguignonnes.
Son petit-fils, Charles Quint
reprend la lutte contre le roi
de France.
En 1513, Dijon
est assiégée par
les Impériaux.
En 1526, les États de Bourgogne
refusent de céder la province
à Charles Quint qui doit
y renoncer par la paix de Cambrai
(1529), puis par le traité
de Crépy (1544).
En 1601, la Bourgogne s’agrandit
de la Bresse, du Bugey et du Valmorey
et en 1651 du comté de
Charolais.
Entre 1631 et 1789, les princes
de Condé se succèdent
comme gouverneurs du duché. |
|
|
|
|